mardi, 08 décembre 2009
Jusqu'à quand?
Le poète
et la roue des questions
A-t-il failli lui aussi ?
Il s'est battu
tant que le monde avait une assise
et le berger une étoile
Il a hurlé avec les fous
et arboré le sourire de l'éveillé
Il a tendu la main
jusqu'à ce qu'on la lui coupe
De sa marge
il observe maintenant les broyeurs
succédant aux broyeurs
Jusqu'à quand ?
(inédit)
Abdellatif Laâbi, août 2009
dimanche, 06 décembre 2009
A l'origine

A l'origine....
A l'origine, le néant , le précipice où chacun se tient prêt en son bord.
A l'origine, une histoire à la trame de hasard, celle qui inspire à devenir.
A l'origine, un texte , révélant une trame narrative possible dans un contexte flou.
A l'origine, un regard qui effleure une partition pour un pianiste débutant.
A l'origine, un sursis pour un rite de passage à l'existence incertain.
A l'origine, une histoire inventée par des naufragés amnésiques.
A l'origine, une main tendue qui se referme.
A l'origine, des espoirs à l'équilibre tendu.
A l'origine, un temps sans aiguille ni cadran.
A l'origine ....
samedi, 05 décembre 2009
Le pouvoir du temps?
Le temps se joue de nous comme nous jouons de lui dans une complicité où le pouvoir de l'un sur l'autre est illusoire.
Jouer à perdre son temps ou à le gagner et trouver qu'il nous faudrait l'aménager pour ne pas en manquer.
Prendre son temps à contre courant, même si ce n'est pas dans l'air du temps.
Avoir ou pas du temps pour révéler que remonter le temps est un pur gaspillage qui ne dure qu'un temps.
Donner un peu de son temps et soustraire l'immédiateté de ses désirs quitte à bousculer les vieux démons des saisons qui se succèdent malgré nous.
mercredi, 02 décembre 2009
Le temps nous joue des tours

Le temps nous joue des tours en toute indécence ruisselant sur nos paniers d'existence comme par magie.
Le temps se joue de nous, de nos sursis marqués sur les volets de notre impuissance, sur nos échiquiers de marbre où la complicité dans le jeu se confond aux espoirs illusoires d'une éternité.
Le temps se joue de nous marquant nos regards du « déjà vu » ombrant les « à voir » comme autant de casse tête à résoudre.
Le temps se joue dans nos paraîtres de survie masquant nos peaux de misère tatouées à l'encre de nos histoires inventées.
Le temps fabrique ses hier, ses demain peut-être des avants construits dans la toute puissance à rivaliser avec des demain incertains édifiés comme des certitudes à nos souffles de vie.
samedi, 28 novembre 2009
Demain peut-être....

Comment pourrait- elle savoir ce que demain enfante dans ce ventre du temps où les traces des aiguilles ont ponctué ses pas pour figer ses sourires, en rictus tremblants ?
Demain osera-t-il entrouvrir les portes des espoirs conquis que pour mieux anéantir les défaites d'un hier des trébuchements, d'un hier aux chutes douloureuses, explosion au pied du mur des promesses conspuées.
Demain pour conjurer le sort des répétitions rythmées qui laissent sans écho les silences rompus.
Demain pour revêtir l'hier d'un masque protecteur et déposer les mots sur la pierre funeste que pour mieux l'oublier.
lundi, 23 novembre 2009
Il faudra...

Il faudra lui dire que les mots ne savent pas, qu'ils se jettent à la dérive avant même que l'inspiration les accroche au rivage.
Il faudra lui dire que les mots quand ils ne se partagent plus, s'ancrent dans la houle d'une mer agitée, ou déferlent sur le rocher de l'oubli, comme un devoir de mémoire.
Il faudra lui dire que les mots s'accrochent à la voix éteinte quand le regard déserte la présence à fredonner le manque.
dimanche, 15 novembre 2009
Blogosphère inspiratrice
Quand elle ne jette pas ses mots, impressions intimes immédiates, elle caresse la toile par petites touches colorées, de ses coups de pinceau enfantant les corps féminins qu'elle effleure de son regard créateur.
Son temps s'écoule dans ses créations comme autant d'empreintes révélant le chemin s'illuminant de son clin d'œil au monde.
Monde sublimé mais ô combien réel par la raison qui le révèle dans son lien avec le cœur décortiqué comme un fruit mûr.
Evocation d'une solitude amie où ses combats se dictent au travers de ses œuvres la tenant en éveil hors du temps quand d'autres compagnons de naufrage noircissent leurs lignes de vie de l'encre de leurs espoirs à se dire, à s'écrire, sans témoin apparent, pensent-t-ils.
Impression de dérober les aiguilles du temps qui annoncent l'universalité pour des infinis particuliers aménagés à coup d'illusions qui se donnent à vivre pour les plus grands bonheurs de chacun.
jeudi, 12 novembre 2009
Rêver et s'enivrer.
Perdre la mémoire dans les traces des aiguilles sur le cadran du temps.
Trouver la sérénité dans les heures à décliner le temps, dans les hors du temps des ailleurs construits au fil des mots, au fil des regards scrutant les replis de l'oubli.
Projeter les images des scénarios d'existence avec détachement, percer les énigmes confuses que pour mieux apprécier celles à venir empreintes de luminosité.
Acquérir l'équilibre et défier le vide pour l'apprivoiser tel un funambule qui ne craint plus la chute et qui libère l'esprit encombré, des béances du passé.
Rêver et s'enivrer du temps quand il est encore temps.
lundi, 09 novembre 2009
le jadis

« Le jadis, par rapport au passé, c'est ce surgir incessant d'une origine en tout. Et il est possible, pourquoi pas, qu'à force de retirer la lave desséchée, des oripeaux, qu'en vieillissant on puisse appartenir à une luisance plus neuve et que le "dernier regard", comme disent les Japonais, le regard de l'adieu, soit aussi le regard le plus neuf, le plus contemporain de ce qui surgit au fond de la terre, et au fond du ciel.
Le Jadis est un surgir pur. C'est l'explosion céleste. Le Big Bang ne cesse de se produire. C'est être directement en prise avec ce présent absolu. C'est un instant. Un instant absolu. Tout le reste, tout le passé, toutes la réaction de tous les conservatismes, sont des choses qui sont faites pour étouffer ce mouvement de surgir. » Pascal Quignard
samedi, 07 novembre 2009
Encore...
Lévi-Strauss est mort, le structuralisme suscitera encore les esprits à la tourmente et pour longtemps.
Jean Paul Sartre au repos à côté de Simone de Beauvoir, l'existentialisme se déclinera encore dans nos lignes de vie, gonflant nos paniers d'existence.
Duras s'est éteinte, ses mots continueront à faire écho sur nos chemins de traverse, inspirant nos décors de papier à l'encre noire.
L'oubli se construit, la mémoire résiste presque malgré nous, accrochée à nos peaux de misère comme autant de preuves de nos combats à l'éveil.
On ne meurt pas de nos idées, on fait le deuil de leurs absences, et on construit les raisons de notre présence.
jeudi, 05 novembre 2009
Il est venu le temps...
Il est venu le temps où une partie d'elle-même s'est gravée indélébile, sur chaque pierre de sa construction, chaque pierre révélant les mots dressés comme des cathédrales de papier.
Chaque pierre posée comme une lettre d'un alphabet imaginaire qu'un vieux sage pédagogue contemple selon un lexique offert en partage.
C'est un jeu de dames pense-t-elle, un jeu sans échec, sans vainqueur et sans perdant se jouant d'une tour protectrice.
Un jeu sur un plateau d'ivoire où l'évidence et le spontané refusent une quelconque stratégie.
Une invitation au voyage pour des accords majeurs, pour des chemins propices à l'abandon qui s'empruntent et se reconstruisent sans crainte d'un quelconque trébuchement.
Au fil du temps, au fil des lignes, les mots s'unissent sur les cadrans de vie avec l'émerveillement de l'enfance à parcourir les lettres pour la première fois pour des envols vers les ports de ll'indépendance.
dimanche, 01 novembre 2009
L'encre de l'oubli

La métamorphose des mots se joue dans son regard comme une révélation des maux masqués.
Jeux de mots pour des métamorphoses de soi, pour des "toi' dans des histoires d'existence estampillées sur les pages à l'encre de l'oubli.
Effeuiller les souvenirs c'est ouvrir le tombeau de ses défaites, de ses hémorragies de l'être.
Seuls les livres la délivrent, la délient d'autant de délits.
Délits, des lits de soie, délits des « toi » inventés, pour des châteaux de cartes-châteaux de sable balayés d'un geste de main sur une plage refuge de l'à venir.
samedi, 24 octobre 2009
Ricochets
Les mots sont autant de ricochets sur des mares endormies qui raniment les souvenirs des renoncements confondus.
Ils sont les corps effleurés, l'approche naïve des regards aux prémices du réel inventé.
Enfanter les mots mais renoncer à l'orage dévastateur qui s'est abattu sur des peaux de misère, dans le miroir du paraître déraciné ne renvoyant aux yeux du monde que la défaite d'un corps à corps infertile sur le vrai sacrifié.
mercredi, 14 octobre 2009
Aimer

Aimer pour aimer.
Aimer pour les regards fertiles qui narguent la raison.
Aimer pour répandre les parfums d'éternité sur des étendues désertes de l'immortalité.
Aimer pour couronner la vie à l'ombre des cadrans du temps vaincu.
Aimer pour les promesses fredonnées qui entrouvrent les brouillards des exils éphémères rompus.
Aimer pour traverser les tourments qui déferlent sur des pierres dénudées.
Aimer pour sécher les désespérances.
Aimer pour ranimer les nuits, en ivresse débordantes, en vertu de l'amour.
Aimer pour la force des combats en toute humanité qui nous tient en éveil.
mardi, 13 octobre 2009
La poésie

La poésie, pour étouffer les cris de solitude, pour arrêter le temps qui se désagrège.
La poésie pour explorer le tumulte intime, pour abriter les rendez-vous des mots qui s'offrent à la rencontre.
La poésie pour camoufler l'étendard de nos révoltes qui se diffusent comme autant de vulnérabilités à l'encre de nos silences.
La poésie pour des parenthèses aux émotions jetées, sur une toile à jamais achevée aux couleurs d'éternité.
La poésie tissée sur les anses de nos paniers d'existence rendus plus légers à te les partager.











































