mardi, 09 février 2010
Devenir?
Que deviens-tu ?
Je vis des silences, des possibles murés
Des lignes de fuite, lignes de mots dans des parenthèses virtuelles
Des mondes inconnus perçus dans le reflet irisé des regards de passage.
Des devenirs, des inaboutis en retissant la toile à jamais achevée.
Des combats à défaire, et refaire les points, points de suture qui se sont accrochés au fil du temps.
Pour rester en éveil hors des périls et des trébuchements sur les bords escarpés.
samedi, 06 février 2010
avoir et être
Parmi mes meilleurs auxiliaires,
Il est deux verbes originaux.
Avoir et Être étaient deux frères
Que j’ai connus dès le berceau.
Bien qu’opposés de caractère,
On pouvait les croire jumeaux,
Tant leur histoire est singulière.
Mais ces deux frères étaient rivaux.
Ce qu’Avoir aurait voulu être
Être voulait toujours l’avoir.
À ne vouloir ni dieu ni maître,
Le verbe Être s’est fait avoir.
Son frère Avoir était en banque
Et faisait un grand numéro,
Alors qu’Être, toujours en manque
Souffrait beaucoup dans son ego.
Pendant qu’Être apprenait à lire
Et faisait ses humanités,
De son côté sans rien lui dire
Avoir apprenait à compter.
Et il amassait des fortunes
En avoirs, en liquidités,
Pendant qu’Être, un peu dans la lune
S’était laissé déposséder.
Avoir était ostentatoire
Lorsqu’il se montrait généreux,
Être en revanche, et c’est notoire,
Est bien souvent présomptueux.
Avoir voyage en classe Affaires.
Il met tous ses titres à l’abri.
Alors qu’Être est plus débonnaire,
Il ne gardera rien pour lui.
Sa richesse est tout intérieure,
Ce sont les choses de l’esprit.
Le verbe Être est tout en pudeur
Et sa noblesse est à ce prix.
Un jour à force de chimères
Pour parvenir à un accord,
Entre verbes ça peut se faire,
Ils conjuguèrent leurs efforts.
Et pour ne pas perdre la face
Au milieu des mots rassemblés,
Ils se sont répartis les tâches
Pour enfin se réconcilier.
Le verbe Avoir a besoin d’Être
Parce qu’être, c’est exister.
Le verbe Être a besoin d’avoirs
Pour enrichir ses bons côtés.
Et de palabres interminables
En arguties alambiquées,
Nos deux frères inséparables
Ont pu être et avoir été
vendredi, 05 février 2010
Peu importe
Peu importe les mots jetés.
Peu importe s'ils se livrent comme des sels pour panser les blessures.
Peu importe s'ils ne font écho qu'à un réel sublimé.
Peu importe s'ils s'épuisent dans le gouffre des vides.
Peu importe s'ils sont les agrafes sur des cicatrices gravées à vie,à vif .
Peu importe s'ils te font exister dans l'ombre des tourments.
Peu importe s'ils s'épuisent au fil du temps, au fil de la salive qui s'assèche du silence des exils.
Peu importe, s'il faut défaire et détacher les points de suture des émotions troubles et recoudre une œuvre des inspirations lointaines
Peu importe l'ardeur démesurée et parfois corrompue.
Peu importe le chaos imprévisible qui ressemble à une nuit sans étoile.
Peu importe...
Si tu m' emportes sur tes lignes de ponctuation, au fil de tes mots, au gré de la vague de tes maux et de tes éveils.
mardi, 02 février 2010
Juste...

"Juste ton cœur sur le mien"
Juste tes yeux dans mon regard fuyant
Juste ta main me dessinant l'horizon
Juste ton temps sur mon cadran immobile
Juste tes saisons, ton esprit volubile
Juste tes mots gonflant mes rivières taries
Inspirateurs des « peut-être » conquis
Juste tes immédiats se fondant aux miens
Dans des promesses de presque rien.
Juste l'élégance de tes décors dressés
Au gré de ton temps arrêté
Juste l'encre des désirs avoués
Juste ton existence dans ton souffle
Des émotions avouées
Pour une proximité paradoxale
Dans des exils forcés.
Juste ton cœur sur le mien
Croix de bois croix de fer
Si je mens je vais en enfer
Ton coeur sur le mien
lundi, 01 février 2010
Parole contre les mots

Avide d'étoiles et de pierres de lune, les mots se livrent comme des promesses s'abattant en pluies crépusculaires sur la cruauté des trahisons enracinées.
dimanche, 31 janvier 2010
L'inaccessible
C'est dans l'inaccessible que le désir revient.
C'est dans les silences que la parole se tient.
Equilibre fragile sur le fil des non-dits.
Sur la corde tendue des maîtres mutiques
Inspirateurs d'autant de survivances
Que de renoncements à ses espérances.
Paradoxes des turbulences enfantées
Où se jouent les notes des « je ne sais pas »
Sur des partitions de certitudes flétries.
Prisonnière des attentes aux éclats de vie,
Aux éclats de rire sur les lignes de mots
Jetés dans des interrogations masquées.
Dans des inaccomplis partagés
Dans l'invisible dérisoire
Pour un face à face virtuel
Que pour mieux s'exiler.
mercredi, 27 janvier 2010
Un fond...
Un fond de soi, un fond de toi
Un fond de voix, une quête de vie,
Une quête d'oubli dos à dos.
Des jeux de notes, des jeux de mots
Des illusions perdues à l'ombre des espoirs
Dans un face à face de l'indifférence
Et du silence tendu qu'une musique, en fond sonore,
En fond de mort, rythme comme autant de rappels
A des heures accrochées sur le cadran
Dans les empreintes des pas fuyants
Aux souvenirs des faux semblants
mardi, 26 janvier 2010
Penser et résister

"L'homme se tient sur une brèche, dans l'intervalle entre le passé révolu et l'avenir infigurable. Il ne peut s'y tenir que dans la mesure où il pense, brisant ainsi, par sa résistance aux forces du passé infini et du futur infini, le flux du temps indifférent."
Hannah Arendt
lundi, 25 janvier 2010
Face à face (2)

Elle fermera cette fenêtre ouverte, la nuit durant, pour un apaisement de son âme torturée.
Autre décor, autre chemin inspirateur de rêves, autre monde propice aux désirs fertiles.
Des airs harmonieux couvrent les fausses notes de ses partitions griffonnées d'autrefois.
Le temps se ritualise dans les failles de l'esprit.
Le temps la tyrannise malgré le regard posé à l'horizon de ses espoirs,
sur les embarcations des certitudes qui voguent au gré du vent, au gré des mots sur les miroirs sans tain de ses illusions.
Les mots ont toujours été les embruns parfumant ses jours, ceux offerts comme ceux partagés, à l'unisson accrochés pour flotter sur des espaces inconnus, pour colmater les failles et solidifier des châteaux de sable sur des plages désertes.
« le monde m'est égal. C'est une cause perdue, dépourvue de sens. Le sens, c'est moi qui le fabrique. » (Instruments des ténèbres) de Nancy Huston
mercredi, 20 janvier 2010
Fenêtre sur "toi"

Une fenêtre ouverte sur un autre monde, sur un océan indomptable, sur des ombres profilées dans un jeu de cache-cache jamais interrompu.
Elle est bouleversée par des histoires écrites à corps perdu, à cœur perdu qu'elle réécrit dans des décors qu'elle se construit ou se reconstruit à la plume de ses désirs.
Il y a du blanc dans sa vie comme une absence suspendue, comme un envol retenu.
Il y a du noir dans sa vie qui s'accroche aux souvenirs comme autant de doutes à ses paniers d'existence.
Il y a du rouge dans sa vie aux éclats de l'amour, aux désirs de ses infinis pour des saveurs subtiles.
Il y a des couleurs dans sa vie qui rythment ses pas dans l'obscurité, empreintes de ses chagrins et de ses petits bonheurs gardés par les chevaliers des mots chevauchant ses contrées d'existence comme les terres brûlées de ses désespérances.
vendredi, 15 janvier 2010
Projection irrégulière
Je me projette
Tu te projettes
Elle se projette sur des déclinaisons du temps où les erreurs commises ne sont que des enfantillages, des actes manqués à emprunter des chemins d'exils.
Chemins de traverse des projections d'envols.
Elles se projettent dans des enthousiasmes féconds que pour mieux s'étourdir de leurs éveils à conjuguer le temps dans des verbes dont les pièges traduisent les doutes à se décliner, les doutes à se soustraire à la règle dans l'impuissance.
Nous nous projetons
Vous vous projetez
Elles se projettent dans un silence profond qui se confond à l'ignorance du vide combattu et entravant l'expression d'un moins que rien révélateur du mystère du zéro, mystère des impossibles traduisant dans des temps reculés la force des choses à se déclarer, à s'exprimer.
Projeter que pour mieux vider les paniers d'existence des mots jetés dans un face à face aux maux de l'inexprimable.
dimanche, 10 janvier 2010
Entrer dans la danse

Lui demander d'entrer dans la danse c'est l'inviter à partager ses pas maladroits sur des rythmes saccadés pour suivre des sentiers d'exil peuplés de fous qui se déploient dans un goutte à goutte temporel à la pointe du monde.
Lui demander d'entrer dans la danse sur des terres brulées où se sont jouées des vides comme des fournaises qui s'oublient ou se repensent avec des carnets de nostalgies entre sourires et rêves insensés.
Lui demander d'entrer dans la danse comme on entre en amour, à tâtons dans l'obscurité d'un présent qui n'a de léger que des pas à reconstruire sur des chemins de traverses menant aux tours d'ivoire que les mots protègent des trahisons et des démons au silence.
samedi, 09 janvier 2010
Froid

Froid sur la terre, froid sur le monde.
Froid dans un silence tendu aux absences sans attente.
On ne meurt pas d'un coup de froid au cœur qui vous laisserait pour mort sur un sol glacé.
On se désincarne seulement dans la résonnance des paroles qui tombent sur les lignes en toute virtualité recouvrant d'un tapis immaculé, les accords formels, les unions fertiles sans témoin apparent sans juge ni jugement.
Tombe la neige sur sa peau glacée aux stigmates des coups du temps, des coups du froid, des coups de cœur rythmant les coups au cœur.
Tombe la neige ne laissant pour mort sur les pavés glissants de nos mémoires que de piètres espoirs vaincus.
Tombent les flocons des illusions ouatées, des silences aux errances sans toi, sans voie, des envols retenus par des ailes rognées.
Tombent les flocons des mots jetés à la face des ombres qui s'animent pour un réchauffement dérisoire et immédiat à se jouer des légendes existentielles se construisant sur des scènes de hasard pour des mascarades pitoyables dans un théâtre où le rideau ne se lève plus.
Tombent les flocons sur son cœur meurtri comme le divin de ses impossibles absolus, impossibles intemporels à réchauffer sa peau des éventuels imprévisibles aux braises des infinis.
dimanche, 03 janvier 2010
Enrichir le jour2
Quand nos regards ne révèleront plus nos brisures passées, présentes et à venir.
Quand nos envols ne seront plus entravés par des émotions foudroyées et domptées par la raison éphémère.
Quand l'horizon de nos espoirs ne se confondra plus à l'ombre des fêlures qui laissent sans voix sur le pavé des silences matelassés.
Quand l'enthousiasme s'agrippera au temps pour se diffuser en délicat parfum masquant les effluves troubles des histoires passées.
Alors il sera temps d'ouvrir ses paniers d'avenir traînés en nomade averti, les yeux remplis d'étoiles et les mains ouvertes à la terre promise.
vendredi, 01 janvier 2010
2010

Premier jour de l'année.
Premier jour nommé sur le fil du temps qui se répète et s'actualise dans nos devenirs et nos répétitions.
Répétition du même et du différent sur des terres d'existence d'un devenir-autre, d'un retour éternel de la différence.
Nommer l'instant et il n'est déjà plus s'échappant comme un morceau d'éternité au cœur du temps qui se déroule en toute indécence dans nos rendez-vous des commencements et des fins, sur nos lignes de fuite explorées.
Marquer le temps dans nos efforts tenus comme des promesses à l'œuvre accomplie.
Mesurer à distance l'inachevé et l'oubli comme un premier jour à vivre.













































