dimanche, 30 mars 2008
Emprise
Emprise. Elle lui a prononcé « emprise » dans un décor froid, avec témoin comme son ultime mot en écho à une séparation définitive. Une défense, contre des armes illusoires, moulins à vents combattus par Don Quichotte. Peur injustifiée mais une reconnaissance de la douleur infligée.
Regard tourné vers elle cependant pour lui signifier ce réel glauque qu’elle voulait lui éviter.
Emprise- Empreinte peuplée des démons imaginaires vécue dans la souffrance et révélant le manque dévoilé et les agressions infligées dans un ultime instinct de survie.Survie de son amour détruit et de toutes substances étouffées par la violence et la destruction. Ses promesses d’autrefois étaient comme l’espoir de l’envol de l’albatros de Baudelaire privé de ses ailes pour un équilibre qui ne pouvait qu’être instable.
Les « Où es-tu » qu’elles seules pouvaient comprendre, pris comme un code secret pour justifier une ultime croisée de chemin, dans un face à face , témoin ignoré et ignorant, résonnent dans le vide malgré des airs de Sati en fond sonore .
Le décor dressé dans Romane, petite pierre d’une construction imaginaire dans un monde qui chassait un réel incertain comme le port de la Boca déserté et qu’elle n’a pas connu, s’est effondré à jamais.
14:58 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 29 mars 2008
Autre décor dans un réel ravageur.

Un décor qui s’est dressé comme des armes à ses yeux à lui faire perdre le peu d’éclat qui lui restait. Vague déferlante et violente qui s’est abattue sur son âme et son corps décharné.
Elle s’accroche à quelques mélodies. Fond sonore qui n’entrave pas son esprit à chercher dans le réel sordide ce qui a entaché son âme au plus profond ni son corps anesthésié par les douleurs provoquées.
Les mots font écho dans un silence artificiel. Silence intérieur, profond où elle cherche à se retrouver, elle qui s’est sentie perdue dans un décor violent, sombre, malgré elle pour un réel dont elle n'espérait jamais , un tel face à face destructeur. Elle a été tentée de rejoindre un paradis blanc, même si la luminosité risquait de l’aveugler pour des espoirs perdus dans l’éphémère en son âme et conscience.
Elle voudrait oublier ce visage meurtri par une nuit de garde à vie, à vue malveillante, sans aucune protection, en toute promiscuité comme des coups à corps perdus détruisant leur intimité. Elle crie au temps de retrouver aiguilles et cadran pour panser tant de blessures partagées et ponctuées dans le temps.
Elle a trouvé un peu de douceur une journée auprès d’une femme d’un profond respect pour atténuer toutes les images qui défilaient dans son âme meurtrie. Elle a su lui offrir en partage ses mots, sa présence amie. Elle était là sans aucune arme et lui a fait confiance.
15:01 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 23 mars 2008
Brouillard insolent

Elle retient encore ses larmes et comme poussée par une force obscure, se donne en sacrifice. Elle lui offre les mots rendus impuissants par le temps qui passe et se perdent dans le brouillard insolent des cœurs maudits vibrants comme des cathédrales. Elle s’extasie sur son sommeil qui détient les trésors de ses songes remplis de clarté. Elle trouve alors des rivages solitaires où la vague écumante frappe sa vie d’un sourire chaleureux. Elle revendique, alors, jusqu’à en perdre la raison, la main nocturne qui a frôlé leur histoire pour mourir de n’être que souvenir. La nuit sera douce espère-t-elle et à la manière d’ un voile de cristal couvrira les flots miraculeux de son sommeil. Et elle la retrouvera pour lui fredonner les quelques vers qui se libèreront, le temps d’un court instant. Le temps d’une nuit nourrie de sa plume insensée. « J’allume ton regard noyé du chant nocturne et me bats dans la tourmente, pour faire jaillir en toi l’ivresse des féeries magiques. Je glorifie le grain précieux de l’éternel amour pour te parfumer de la poésie qu’il fait naître. L’aurore étourdissante, dans un délire fécond, pénètrera nos esprits triomphants et nus et nous apportera le philtre d’amour d’un baiser imprégné d’innocence. Viens je t’inventerai le lit plein de douceurs qui brille à travers la tempête du sanglot. Viens, je te bercerai au creux de mes songes les plus fous. Je me ferai brise légère pendant que chantera l’hiver. Et mon âme toute entière écoutera le son de ton sommeil jusqu’à la nuit noire.
09:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 22 mars 2008
Le temps d'une naissance
Elle frissonne. Gauchère, elle ne l’était pas. Pas avec elle en tout cas. Doux effets et sensations intimes qui résultaient de l’interdit lui reviennent en mémoire. Corps fragiles offerts aux plaisirs de l’autre, mots rassurants qui lui donnaient des forces pour continuer à couvrir de caresses un corps qui la réclamait. Etreintes interrompues pour le plaisir de se revivre encore un peu. C’était avant, c’était hier. Un jour sera imagine-t-elle mais quel en sera-t-il ?
Ses yeux sont remplis d’une étrange clarté et son regard se voile encore et toujours que pour mieux arrêter le temps. Pour se perdre dans des images fanées du lointain. Sa force illusoire s’évanouit et fait naître son petit espace d’innocence. Innocence portée par ses désirs qu’elle ne peut refouler et par un refrain plein de charme qu’elle a entendu aujourd’hui même chantée par une voix douce et féminine « une femme qui aime une femme ».
Libre de se brûler les ailes. Elle sait qu’elle peut lui dire maintenant. Maintenant qu’elle l’a retrouvée à parcourir un bout de son chemin avec son autre fille, petite pierre du large ramassée quand la vague déferlante entamait le château de sable laborieusement construit par Marion.Libre. Elle peut lui dire que maintes fois elle les a retrouvées sur ce vieux port et qu’elle les accompagnait pour veiller sur leur destinée quand le paysage s’assombrissait et que l’on ne voyait même plus les épaves des bateaux échoués témoins d’un abandon.
Seul signe de son passage, un petit tatouage gravé à la cheville pour glisser à Agathe qu’elle est la petite fille qu’elle aurait voulu offrir à sa mère, marque indélébile d’une histoire d’amour d’une femme pour une autre femme.
Neuf mois avait cet amour là, lui écrivait-elle, un vendredi soir sur du papier rose alors qu’elle avait allumé trois bougies pour un soir où l’ombre des souvenirs se projetaient, immense, sur des murs indifférents. Neuf mois. Le temps d’une naissance et d’un abandon qui la ronge dans son âme meurtrie.
Libre mais fragile de trop de dénuement. Elle couvre son épaule pour garder la chaleur secrète de sa peau…
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vendredi, 21 mars 2008
Il n'y a pas de chemin...

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jeudi, 20 mars 2008
Pour quelques mots dérivés au gré du vent
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mercredi, 19 mars 2008
Je m'attendais moi-même
Elle entend la mélodie provenant d’une fenêtre restée ouverte, une chanson de Cabrel « je l’aime à mourir » croit-elle ou peut-être « je l’aimais, je l’aime, l’aimerai » qui passe sur les ondes d’une radio lointaine. Elle lève la tête et croise le regard d’une femme qui scrute l’horizon. Ce regard ne lui est pas hostile. Un regard différent de celui de sa mère. On ne s’y noie pas, on s’y accroche pour lire les mots, les mots d’une histoire d’amour, pas comme les autres. Une histoire que sa mère ne lui a pas racontée avant de s’endormir. Une histoire sans juge ni témoin qu’elle peut lire dans le regard de cette femme penchée à la fenêtre. Cette femme ne bouge pas, seuls ses yeux retracent le chemin de sa vie, son voyage engagé à corps perdus où corps et âmes se retrouvaient dans la tourmente des délices féminins. Les mots ,enfouis au fond d’elle-même, elle voudrait lui offrir comme un cadeau de naissance. Naissance d’un amour qu’elle a vécu en partage avec sa mère. Mais elle restera muette ce soir là. Elle rentrera et fermera la fenêtre pour en ouvrir une autre, celle qu’elle garde secrète et ouverte sur l’autre, l’autre monde. Et là dans un petit trou de lumière qu’elle s’est inventée, elle va s’y plonger encore. Encore un peu plus jusqu’à s’en brûler les yeux, toujours un peu plus. Histoire de retrouver la chaleur qu’elle éprouvait à la faire frémir sous les caresses qu’elle dessinait sur son corps abandonné aux plaisirs, abandon éphémère mais d’une intensité qui lui semblait éternelle. Histoire qui lui brûle les doigts et dont elle se couvre des parfums, des couleurs pour un voyage solitaire, pour une naissance à jamais inventée. Histoire à deux voix, à deux voies aussi pour éviter de trop l’approcher, pour ne pas sentir son souffle lui murmurer son rêve, celui d’autrefois, celui qui ne l’a pas fait rougir ou peut-être pour d’autres raisons, d’autres horizons. "Je m'attendais moi-même (...) Je me disais(...)il est temps que tu viennes Pour que je sache enfin celui là que je suis" Apollinaire vient à sa rescousse tandis que du pouce elle fait tourner le mince fil d’or qui entoure son annulaire…L’envie d’écrire, toujours… Et déjà elle regrette cette complicité qu’elle s’est acharné à effacer, à éviter... Et déjà elle sent poindre ces chagrins qui reviennent, laborieux, remontant le fleuve d'une vie qui n'en finit pas de la pousser vers l'obscurité
08:38 Publié dans écriture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mardi, 18 mars 2008
Elle frissonne
Elle a pris le dernier bateau ou le dernier métro et emporté dans sa poche un peu de sable, celui du château de Marion quand elle passait les mains dans ses boucles dorées ou qu’elle serrait la main de sa mère lui réchauffant son corps en entier. Elle est partie, pour combien de temps. Pour quelle main tendue, pour quel appel au corps et pour combien de luttes, de combats sans ennemis, de moulins à vent désertés ? Reviendra-t-elle, sur ce port pour croiser à nouveau cette mère et sa fille, le regard tourné vers l’horizon ? Le temps a continué au rythme d’un autre temps sans aiguille et sans écran sur un chemin tapissé de feuilles mortes de ces arbres nus, le temps d’une saison, le temps des souvenirs. Des souvenirs enfermés secrètement dont elle aime se bercer et qui la couvrent d’un doux parfum enivrant. Elle l’appelle du lointain fébrilement avec des mots détournés pour vaincre toute résistance. Cette résistance, que toutes deux avaient autrefois perdue dans un grand lit tendu de blanc lorsqu’elles s’invitaient à se fredonner quelques caresses pour mourir d’être née dans la fièvre d’un voyage enflammé. Elle l’appelle au souvenir de ces mots qui battaient la passion et respiraient aux rythme de deux corps envahis par la profondeur du désir. Elle frissonne sous sa peau au contact de la folie des mots qu’elle lui écrivait dont elle ne peut plus se détacher. Attachée aux mots qu’elle lui disait sur le désir de son corps tourmenté et dont elle voulait crier à la face du monde, le plaisir offert et qui la transperçait. Pourquoi mon corps a-t-il tant d’impatience à ton simple souvenir ? se demandait-elle ? Je désire tant vivre ton corps au rythme de ma passion dans ses élans de tourmente et de calme profond. Hymne à l’amour mon amour lui écrivait-elle.
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lundi, 17 mars 2008
Demain peut-être....
C’est ce qu’elle pense à ce moment là.
-Te souviens-tu étrangère la Méditerranée se refermant devant tes yeux et se rouvrant dans le mystère de l’aube qui se lève ?entend-elle.
Elle ne supporte plus cet appel qui résonne au fond d’elle-même.
Une main, celle d’une petite fille vient de s’accrocher et lui réchauffer le corps tout entier. C’est sa petite fille qui la regarde.
- Maman on s’en va. ?
- On rentre mon amour . On rentre.
Elle ne peut se presser. La fatigue ou le poids des souvenirs toujours aussi douloureux pense-t-elle. Elle s’arrête, les yeux encore fermés et les ouvre pour s’attarder sur les cheveux bouclés de sa fille. Ces cheveux qu’elle a toujours aimé caresser . Tremblent-elle encore ? Son amour ne l’a pas remarqué où se tait pour respecter son silence.Le vent s’est levé et lui frappe le visage. La sensation est bonne. L’ivresse peut-être où quelque chose du même ordre.
Demain elle reviendra, c’était sûre. Marion jouera encore sur les épaves échouées à se raconter, à se construire les châteaux de sable dont la fragilité a encombré si souvent sa mère.
20:25 Publié dans écriture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 16 mars 2008
Inventer la douceur
- Manuréva, te souviens-tu de ce bateau qu’on ne retrouva jamais ? Il a emmené dans sa course, dans les flots bleus de tes yeux les souvenirs secrets de ton existence. Entends-tu la chanson qu’il te fredonnait et qui te rappelle à la vie, à ce port où tu te retrouves seule dans le noir d’un passé à jamais égaré, les épaves échouées autour de toi.
C’est ce qu’elle pourrait lui répondre.
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